Yann Lesacher

Capture d’écran

Il y a des manières différentes d’appréhender cet exercice qui consiste à illustrer par des dessins et pochades un souvenir de voyage. En choisissant de faire de son métier celui de dessinateur professionnel on se heurte à des a priori, comme celui de prendre par exemple un risque quant à une éventuelle insécurité financière; ou encore à devoir entrer obligatoirement dans une case qui vous définirait soit dans la peinture, ou dans la caricature, ou dans la bande dessinée, ou dans l’illustration, ou encore dans le « carnet de voyage »

Heureusement, ces a priori présentés comme définitifs ne sont pas une obligation, et un vent de liberté peut souffler sans contrainte lorsqu’on aime dessiner.

Yann Lesacher voyage. Souvent, et de façon variée. À pied, en auto, … sous la tente, sous un petit toit ou même encore à l’hôtel. Là encore, pas de règles qui enfermerait le voyage dans une autre case, encore une.

Aussi n’est-ce pas étonnant de voir parmi ses pages dessinées des approches traditionnelles traitées sur le vif et d’autres, beaucoup plus inattendues (traitées d’après des tonnes de photographies qui ont pour qualité d’être plutôt ratées, ce qui aide à conserver le plaisir de l’interprétation dessinée). Des pages comme celles qui illustrent cette randonnée (encore en cours) sur le sentier GR34 qui cerne les rivages de Bretagne. Une promenade à pied décidée en 2009 et qui a suscité, dès qu’elle fut entamée, un désir d’illustrer cette promenade contemplative par une suite de dessins retraçant non pas des préférences ou des points d’intérêt, mais plutôt ce qui est réellement présent lorsque l’on arpente un chemin à travers des instantanés de vie. La côte bretonne offre une variété permettant de justement varier les thèmes et les ambiances, l’idéal lorsque l’on est en recherche artistique et désireux de progresser dans cet exercice.

Tenter d’enjoliver des pages, c’est bien ; mais manquait encore l’essentiel, ce petit plus qui permet encore de sortir d’une case, à savoir un commentaire qui refuse toute approche sérieuse ou qui se voudrait éducative. Un dessin d’humour ponctuant chaque page, voilà qui crée un lien vers d’autres lecteurs, du genre de ceux qui eux aussi se méfient des cases.

Quand on est fan à la fois de Monet et Gotlib, quand on admire avec égal respect Lautrec et Franquin , dans quelle case pourrait-on vouloir exercer ?

 

Cette collection intitulée «Une Bretagne par les Contours » est éditée par son auteur ( Editions de Dahouet ) au rythme d’un tome de 128 pages par an : 28€
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CARNETS D'AILLEURS